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dimanche 9 février 2020

Christine Goguet Les grands hommes et Dieu aux Éditions du Rocher


Un succès non démenti dans un monde en quête de spiritualité
Les grands hommes et Dieu
Il faut savoir gré à Christine Goguet d’avoir exploré le chemin de la spiritualité et de ses carrefours avec les grands personnages historiques
De nombreuses critiques l’attestent comme celle ci qui résume si bien mon impression de lecture

Chronique d un lecteur érudit à propos di livre:
LES GRANDS HOMMES & DIEU ou EMOUNAH ET HISTOIRE
(Photo Chloé Lescoules)

« En lisant l’ouvrage de Christine Goguet, je me suis remémoré mon professeur de philosophie à Henri 4, qui nous disait : « dans l’âme de chacun réside le secret qui lui donne raison ». C’est bien le secret de l’âme que l’auteur traque dans ces treize personnages de la politique, de la science, de l’art et de la littérature, de la religion et des sports. Pour ce faire elle invente un nouveau genre que l’on pourrait appeler la psychographie, petite sœur de la biographie, et convoque non sans habileté un personnage d’envergure : Dieu. On pourrait aussi dire qu’il s’agit pour chacun de ces grands hommes d’une histoire de leur « foi », si le terme n’était pas usé à force d’avoir trop servi, préférons donc son original hébreux Emounah, souvent traduit par « confiance » et qui a donné Amen. C’est le mot que prononce les caravaniers dans le désert au moment d’un nouveau départ : « ayons confiance ! » ou encore « ça ira ! » On juge un arbre à ses fruits et la cueillette de Christine Goguet est fort riche.
Comment expliquer l’Appel du 18 juin ? L’ambition d’un Général ? Une exceptionnelle vision stratégique ? Un patriotisme intransigeant ? Tout cela est bien court. Il y avait dans l’armée et la nation bien d’autres ambitieux, de meilleurs stratèges et les patriotes ne manquait pas à Vichy (quoi qu’en ait dit notre homme) …On a pu dire d’ailleurs que, si ce n’avait pas été lui, c’eut été un autre. Pourquoi pas ? Mais ce fut lui. Pourquoi lui ? Par ce qu’il avait confiance en lui, en son destin, en Dieu. Il avait l’Emounah, voilà tout. A la fin de l’Appel, la seule pensée qu’on peut lui prêter : « Amen ! » Cet homme-là était celui qui « chaque soir s’agenouillait près du lit de sa petite Anne…. Et priait avec elle pour que Dieu leur accorde un miracle ». Dieu lui accorda la grâce de la foi.
Einstein n’avait pas reçu cette grâce, mais chercha toute sa vie, avec son immense esprit scientifique, à construire une figure de Dieu. Avec Spinoza il se contenta longtemps d’un « Deus seu Natura » immanent et abstrait. Cela ne devait sans doute pas le satisfaire pleinement. Car il y avait l’extraordinaire beauté de la nature et ce sentiment de « religiosité cosmique » qui l’habitait, et puis la musique de Bach interprétée par Yehudi Menuhin et puis encore « la prise de conscience de l’âme juive » … Pendant plusieurs jours au dire de ses proches « il a une idée merveilleuse » qui littéralement le ravit, il découvre la théorie de la relativité. On peut dire de lui ce qu’on a dit de De Gaulle, si ce n’avait pas été lui, c’eut été un autre. Pour sûr. Mais ce fut lui. Lui qui dit « Je pense que toutes les meilleures spéculations dans le royaume de la science surgissent d’un profond sentiment religieux et que sans lui, ces spéculations n’auraient jamais été fécondes » Traduisons : au moment d’inventer ce basculement de la pensée scientifique, il a « confiance » non seulement dans son esprit puissant, mais dans l’Esprit. A Pascal, cet autre génie des sciences, l’Esprit avait déjà dit : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. »
Il y a encore l’Emounah perdue et sa nostalgie chez un Mitterrand. Nul « Amen ! » dans ce personnage, beaucoup de calculs, parfois petits, de multiples hésitations, des doubles jeux. Mais à la fin il finit par se rallier à l’Esprit, comme si dans l’ultime moment il retrouvait cette « confiance » entrevue dans son enfance. Il devient un authentique résistant en 1943, choisit l’Europe en 1983 et renouvelle l’alliance franco-allemande après la réunification. Il doit à chaque fois déjuger l’orgueil de ses mauvais choix antérieurs. Il faut de l’humilité pour recevoir la foi.
Disons à sa décharge que, sans le « doute », la foi ne serait qu’un héroïque aveuglement. De Gaulle en 1942 : « Et moi pauvre homme aurai-je assez de clairvoyance, de fermeté, d’habileté pour maitriser jusqu’au bout les épreuves… » Mère Teresa : « Où est ma foi ? Même au plus profond, tout au fond, il n’y a rien que le vide et l’obscurité ». Napoléon, quant à lui, fidèle à la philosophie des Lumières, semble ne jamais avoir douté du Dieu de Voltaire, garant de l’ordre social et de celui du cosmos, ni d’ailleurs de l’immensité de son génie personnel. Il n’a jamais dit « Amen ! »au dieu des miséreux qui mourraient en masse sur ses champs de bataille, pas même à celui de son ami Lannes mort dans ses bras à Essling (« Quelle perte pour la France et pour moi » dira-t-il)
Dans leur relation à Dieu, nos grands hommes se séparent également dans l’expression de leur foi dans la « charité » (encore un mot usé, l’Agapè grec est bien meilleur). Sans doute est-ce, ce qui différencie le dieu de Moïse de celui du fils de David, l’ancien et le nouveau testament, le dieu de Hugo et celui de Van Gogh. Les Grands Hommes nous apportent aussi des témoignages sur le principal personnage du livre : Dieu lui-même. Ils nous confirment qu’Il peut avoir plusieurs visages successifs : celui de l’Islam après le christianisme pour Mohamed Ali, celui de Bouddha auquel se convertit Alexandra David-Neel. Ils illustrent également ce que les théologiens appellent la « Kénose » : Dieu ne s’impose pas, Il prend le visage des plus humbles : la petite Anne du Général, les pauvres de Calcutta de Mère Teresa, les mineurs du Borinage de Van Gogh. C’est l’un de ces visages, peut-être parce qu’ils furent trop nombreux dans sa vie, qui manquera à l’Empereur de Français pour recevoir l’Emounha.
Disons en conclusion que Les Grands Hommes &Dieu est un livre, riche par sa documentation et agréable par son écriture, ambitieux et modeste à la fois. Un seul regret, en bonne maitresse de maison, Christine Goguet sait qu’il ne faut pas être 13 à table. Il manque donc un invité (en dehors de Dieu qu’il ne serait pas convenable de compter et dont d’ailleurs l’existence est discutée). Pourquoi n’avoir pas envoyé un carton à un disciple de Satan. Nous savons bien que si l’existence de Dieu ne sera jamais prouvée, celle de Satan est publique dans tous les journaux et les livres d’Histoire. Peut être y aurait il eut trop de candidats ? »
J.P.Boizette

mercredi 24 avril 2019

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