Gary Montaigu un écrivain américain d'origine française vit à New York...la ville où l'air chaud sent le gaudron et donne les lèvres salées....Il a tout pour lui .. à.l'apogée de la carrière ,du haut de sa renommée, il peut contempler ses lecteurs qui se roulent à ses pieds...pensez donc l'International Book Prize n'est pas donné au premier venu et c'est Gary....
Notre Gary a l'épouse qu'il lui faut.. Ruth est très/trop,attentive,attentionnée jusqu'à l'étouffement...Madame est très marques,cultivée jusqu'il faut pour mémoriser les numéros de téléphone des people pour les vernissages et les mondanités.
Quelle mouche l'a piquée de pousser ce brave Gary à accepter la proposition d'un producteur de TV...Ce n'est pas encore sorti en France....ça viendra...L'Emission Un écrivain..un vrai part sur le concept de la téléréalité:montrer la création en direct.
Je connaissais la démocratie participative mais la litterature participative...non...comme si le choix binaire classique TV ou livre allait exploser au profit d'un J'aime (positif) ou J'aime pas (négatif) un univers télévisuel Face Bookien??..Mais le pire ou le meilleur..enfin vous verrez c'est que le lecteur intervient dans l'histoire en donnant son avis ,en influant sur l'histoire,sans lire le livre...pour la bonne raison c'est qu'elle est immédiatement transposée en feuilleton TV,chapitre par chapitre.
Mais que se passe-t-il quand l’écrivain doit anticiper les désirs des lecteurs ? Et quelle est en fait la fonction d’un écrivain ? Gary est à l’écoute, il essaie de faire au mieux, de satisfaire tout le monde. Écrivain facile, diront les uns, gâchis littéraire, diront les autres. Pourtant on peut le comprendre. Quel écrivain ne rêve pas d’un lectorat aussi large que possible, d’un monde peuplé de fous de littérature, de philosophie, de connaissance ? Les écrivains rêvent de changer le monde. Mais à quel prix ?»
Et notre héros ne s'épanouit pas,c'est le moins qu'on puisse dire,il rêve d'oxygène ....pour jouer les hommes de l'air en trompant madame.La reflexion de Gary sur lui même est interessante car elle pourrait mutatis mutandis se transposer à beaucoup d'hommes de spectacle ou de politique:Où sont nos idéaux de jeunesse,qu'avons nous fait pour les conserver?
On dit que le mieux est l'ennemi du bien mais fallait il rentrer dans ce jeu sordide et démagogique de vulgariser la lecture au point de la rendre vulgaire en la télévisant?
Pia Petersen démonte le mécanisme de ce bras de fer entre la TV et le livre,ce média qui rentre dans chaque foyer à travers un écran,dans une bouillie consensuelle qui dissout le divertissement à tout prix dans la médiocrité.Un roman haletant structuré autour de deux blocs narratifs,conduit le lecteur vers une fin qui n'est pas celle que certains croient voir et où les vainqueurs ne sont pas les favoris.
Sur un média comme Facebook ce billet de lecture est plus qu'utile....il est le fruit de l'interrogation de l'auteure ....quelle est la place de la création dans une société outrageusement interractive??...faut il plaire à tout prix,séduire par tous moyens???
Pia a fait un beau réquisitoire contre le storystelling qui masque ou occulte les vrais engagements....un roman qui interroge....et gagne ma sympathie....à lire et relire et à faire lire..Puisse la pensée gagner ...en le lisant vous le saurez
Format 11,5 x21,7 (format chic pour sac à main ou attaché case)
Henri Delorme.LeMagChic Mars 2013

Des amours dérisoires ..un titre en mode oxymore…les amours sont ils dérisoires ???
La couverture du livre sous la forme d’un cœur-ballon laisse évaporer l’insouciante légéreté des lettres. Pourquoi les choses de l’amour devraient elles être graves ??
Une romancière célèbre m’avait dit…il manque parfois, au milieu litteraire qui a tendance s’asphyxier, un peu d’oxygène……Virginie Carton avec son premier roman nous emmène dans son monde éthéré et nous offre une bouffée d'air frais…. Une écriture pleine de tendresse et d’humour pour et par une génération où l’engagement résulte plus d’une opportunité que d’une vertu Il en va des romans comme des vins ..certains sont plus légers que d’autres mais on doit se méfier d’eux….l’ivresse peut être au rendez vous.
Dans le roman notre héros.. Vincent ,ne veut pas s’engager mais doit, tout de même, prendre des décisions. Les personnages hésitent, s’aiment et se désaiment. Bref, ils nous ressemblent. Dans ce roman, Virginie Carton s’interroge sur la question de l’engagement et du désir de liberté. Journaliste,spécialiste de la chanson française, l’auteure fait aussi des clins d’œil à ses chanteurs chouchous.
"Vincent était gentil et Vincent était délicat. Il avait aussi un défaut redoutable : il manquait de courage." Il va aimer Marine qu’il a rencontrée dans un zoo. Mais il se lasse, puis tombe amoureux de Juliette, la copine de son meilleur ami,entre désir de durer en couple et amour de la liberté ! Les liens se tissent et se détissent !!! sur fond musical
Derrière les mots qui dansent et virevoltent dans une ronde estivale se cachent des allusions à des films,ou des musiques….comme Coup de foudre à Notting Hill….
On a tous en nous quelque chose de Hugh Grant et ses maladresses et de Julia Roberts avec ses indécisions délicieuses
Entre Friends et Coup de foudre à Notting Hill.
Il a fallu que je rencontre physiquement l’auteure pour me rendre compte qu’avec malice elle capte le bonheur pour le restituer..elle est le bonheur de vivre..on revient aux vieilles problématiques du sérieux… Etre sérieux ..ne pas prendre tout au sérieux.. ce raccourci mental qui résume en quelques mots la substance d'une vie entière….Des amours dérisoires
Ne jamais rien prendre au sérieux pour ne pas se faire engluer dans les pesanteurs de l'âme humaine, rire de tout, surtout de soi-même et de ce qui nous blesse le plus, distancier la douleur, relativiser les sentiments, s'échapper de tout d'une pirouette ou d'un trait d'esprit, trouver la voie du juste du milieu, de l'abandon, du lâcher-prise.
Une « friendise » qu’on aime déguster comme une gourmandise sans risquer la prise de tête…..à lire dans le métro ou sur la plage ,à la maison en mettant une bonne mélodie de Jo Dassin….Si t’appelais mélancolie…..pour redevenir jeune ou le rester.
J’ai adoré et n’ai pas pu lâcher ce livre que ma moitié m’a arraché des mains à peine fermé. J’aime les livres qui me ressemblent !!! A bientôt sur les pages et sur la plage !!!!??
Henri Delorme©Le MagChic Mars 2013.
ISBN : 2246800307
Éditeur : Grasset (2012) 180 pages
Prix 14,5 €