UN MAGAZINE CHIC,CHOC ET CHARME

Un magazine jamais vendu en kiosque,uniquement lu sur le net pour et par les écrivains et tous les artistes aimant l'art du bien vivre et qui veulent lire en musique.
Chic,choc et charme



mercredi 26 mars 2014

TOUT SAVOIR SUR..LEURS ANNEES SCIENCES PO de Guy Jacquemelle


Quand j’ai reçu ce livre et l’ai eu entre les mains pouvais je imaginer un seul instant que sa sortie allait se télescoper avec les élections? Sciences Po le chiffon rouge à agiter face aux anti technocrates…Guy Jacquemelle commet cet ouvrage à point nommé… Sciences Po, Comment y entrer, comment en sortir ? Bonne question !!! les réseaux sociaux les ont désignés comme boucs émissaires avec cette confusion avec l’ENA..l’un,il faut en convenir est l’antichambre de l’autre mais il faut bien définir ce qu’est cette institution qui n’est pas forcément une usine à hommes (ou femme)politiques.

Michel Rocard, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Olivier Duhamel, Laurent Joffrin, Michèle Fitoussi, Jean Christophe Rufin, MarieLaure Sauty de Chalon, Ariane Chemin, David Pujadas, Anne Roumanoff, Raphaëlle Bacqué, Chantal Jouanno, Rama Yade, Loona Corrente et Vincent Galibert évoquent leurs années . A travers un bref retour sur leurs cursus et leurs carrières variés,l’auteur a recueilli leur témoignage sur leur vécu et sur la manière dont ils ont appréhendé cette institution.

Pourquoi ont-ils fait Sciences Po ? Comment s’y sont-ils préparés ? Que pouvaient-ils répondre aux questions : le Sénat, mythe ou réalité ? Comment sait-on si on est de droite ou de gauche ? Le premier ministre est-il un fusible ou un paratonnerre ? Qui a été la première femme transférée au Panthéon ? Quels sont leurs bons et mauvais souvenirs de la rue Saint-Guillaume ? Quels professeurs les ont marqués ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur cette période et cette école ? tous les témoins cités plus haut racontent leurs années rue Saint-Guillaume.

Il y avait bien d’autres façons d’aborder ce livre sur Sciences Po. L’angle choisi ici permet à ces personnalités d’évoquer avec distance ou passion, ironie ou nostalgie, leurs «années Sciences Po». Une même aventure les réunit, qui vient des années studieuses, douloureuses pour certains, dilettantes pour d’autres, passées dans cet antre germanopratin. Et si vous aussi, vous souhaitez préparer l’examen d’entrée, ils vous donnent de précieux conseils. Science Po n’était pas si connu que ça nous dit Henri Kaufman….le choix s’est longtemps limité à deux filières (si on s’en tient au propos du directeur de Collection: la filière des maths qui conduisait aux concours de l’X, de Normale Sup, de Centrale, des Mines, des Ponts et Chaussées, des Télécom, de Sup Aéro, de Sup Elec et quelques autres ; et la filière du commerce qui conduisait aux concours d’HEC, de Sup de Co, de l’ESSEC et de quelques autres. Sciences Po était à part, une école qui n’était pas clairement spécialisée et qui - au mieux - enseignait la culture générale et l’art du débat pour les futurs fonctionnaires de l’Etat.
.Le rythme infernal de la filière maths créait une sorte de solidarité dans l’effort même si l’on savait qu’au bout du compte votre voisin de table pouvait se révéler être un concurrent redoutable qui pouvait « intégrer » à votre place ; les places étaient très disputées. Une fois entré à l’Ecole (Centrale Paris dans mon cas), on se mettait en roue libre au moins la première année. Les différences d’origine sociale ne se voyaient pas trop, la mixité sociale n’était pas visible, et disparaissait derrière la mixité géographique car les élèves venaient des 4 coins de France. Pour éviter que les élèves paresseux fassent faire les dessins de plans par le bureau d’études de leur père qui dirigeait un bureau d’études (une chance sur 3 ?), l’administration collait, pour les épreuves de dessin industriel ou d’architecture, les feuilles de papier Canson sur une épaisse planche de bois, intransportable dans le métro tant elle était grande…
Sciences Po a commencé à avoir pour moi une image moins floue quelques années plus tard quand j’ai commencé à travailler Boulevard Saint Germain, à une portée de lance-pierre de la rue Saint Guillaume. Je me souviens que je passais devant l’école et la bibliothèque pour aller de temps en temps manger un foie de veau (rosé, évidemment) au restaurant La petite Chaise fréquenté par les élèves et professeurs de Sciences Po. La rue était toujours encombrée d’étudiants nonchalants qui passaient leur temps à discuter. L’image de Sciences Po s’est encore plus précisée le jour où Grégoire, mon fils ainé, y est entré en deuxième année …
Cette atmosphère potache, bien élevée, avec des étudiants chics et cravatés, coupant les raisonnements en quatre - deux parties et deux sous-parties - est excellemment rendue par le livre de Guy Jacquemelle ; Guy a su recueillir les confidences d’une vingtaine d’anciens élèves dont Michel Rocard, Lionel Jospin, Laurent Joffrin, Hubert Védrine? David Pujadas, etc. Ils nous font vraiment, entrer dans l’intimité des élèves et des professeurs, comme si nous étions cachés sous l’estrade de l’amphi Boutmy ou assis en spectateur équipé d’une caméra sur les coussins de la Péniche dans le hall d’entrée. Ce qui va vous frapper dans ce livre qui se lit d’un trait presque comme un roman, c’est la diversité des carrières de ceux qui en « sont sortis », une diversité qui n’est pas exempte de réussite, d’intelligence et d’humour.

Ce que j’ai retenu de ce livre c’est la diversité qui se fond dans le moule d’une élite décriée parfois à tort mais qui donne une approche de sciences humaines exceptionnelles.
Beaucoup des intervenants du livre on souligné le bon souvenir qu’il ont gardé de la rue St Guillaume par rapport ) l’ENA.
Se limiter à la technostructure serait un bien mauvais procès fait à une formation qui a ses défauts et ses qualités…on apprend dans ce livre l’étonnante richesse et surtout un effort de diversification des cursus comme l’Ecole de droit en y ajoutant un zeste d’ouverture par le sulfureux Descoing. Richard Descoing a lancé un sacré pavé dans la mare en ouvrant Science Po sans concours aux gamins des bahuts de banlieue…d’ailleurs le livre fait état du témoignage très intéressant de l’un de ceux-ci Vincent Galibert à propos du renouvellement des élites.

On y découvre le parcours d’une surdouée et aussi celui d’Anne Roumanoff ainsi que celui de Chantal Jouanno qui a une niaque infernale.
Ce livre donnera t’il aux parents de lycéens une ligne d’horizon ?? donnera t’il aux lycéens l’envie d’y rentrer…une chose est certaine c’est un hymne aux vertus du travail,qui peut constituer le brévaire du postulant Faire un plaidoyer pro domo de cette formation trop souvent associée à l’image de l’ENA en ces temps agités d’élection relève d’un défi que je relève volontiers. Rendons grâce à l’auteur d’avoir su nous faire une galerie de portrait dans un bouquin qui se lit comme on boit du petit lait
Collection dirigée par Henri Kaufman
Editions Kawa
ISBN 978-2-918866-93-0
Livre disponible dans toutes les librairies
Prix 21,90 €204 pages
Henri Delorme©Le Mag Chic Mars 2014

mercredi 5 mars 2014

LA BLANCHEUR QU'ON CROYAIT ETERNELLE de Virginie CARTON


Soudain dès l’ouverture du livre de Virginie, s’échappèrent les embruns de Deauville, il flotta dans l’air la mélodie d’une homme ,un femme, thème central du roman.

Il faut habiter dans ses rêves et avoir pour résidence secondaire le monde imaginaire du livre…..hanté par les fantômes de Romy Schneider et de Joe Dassin.
Je soupçonne l’auteur d’être nostalgique de cette époque et puis sa biographie dément cette impression …elle est trop jeune …ou alors elle a été bercée par toutes ces mélodies ; c’est tellement évident que l’on pourrait croire qu’il s’agit d’une hagiographie de ses idoles…pas du tout…..il fallait être sacrément gonflé pour convoquer Lelouch et son film mythique.

Prendre la Ford Mustang, filer sur Deauville, étreindre l’homme, la femme qu’on aime….dans cette blancheur qu’on croyait éternelle….qui n’a jamais rêvé ???
Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne sort pas beaucoup et n’aime pas se déguiser. C’est même plutôt le genre coincé. Ce qu’elle préfère, c’est regarder le concours de Miss France à la télé en mangeant des palets bretons trempés dans du lait. Quand elle avait sept ans, Mathilde a été traumatisée par la mort de Romy Schneider. À trente-quatre ans, elle pense encore à Julien, et Éléonore, sa meilleure amie, est décidée à lui trouver un bon parti.
Lucien est pédiatre, il aime les films avec Jean-Louis Trintignant, et Deauville. Il n’aime pas tellement danser. Ça remonte à son enfance, à l’époque des premières boums ratées. Chaque année, au Nouvel An, il envoie une carte de vœux à ses parents. À trente-cinq ans, il est célibataire. Il aimerait bien que ça change. Mais il n’est pas très à l’aise avec les SMS, alors ce n’est pas gagné.

Mathilde et Lucien habitent le même immeuble mais ne le savent pas.

Un jour, le nouveau voisin les invite à sa soirée déguisée. La Blancheur qu’on croyait éternelle est l’histoire de deux solitudes, deux sentimentaux perdus dans un monde plus vraiment sentimental.

Leur trajectoire chaotique dans ce monde irrigué par les réseaux sociaux ettfvybb les amitiés de façade, est touchante…surtout un beau flash black (clin d’œil à Lelouch)sur mes amours de jeunesse,mes souvenirs de jeunesse si bien revisités par une auteur à la plume alerte !!!

Ce livre est à lire en mettant la BO du film de Lelouch..chabada bada …… http://www.dailymotion.com/video/xuh8u0_un-homme-et-une-femme-musique-francis-lai-film-claude-lelouch-1966_creation

Henri Delorme©Le MagChic Mars 2014

Editions Stock Collection :La Bleue
Parution : 19/03/2014
224 pages
Format :
135 x 215 mm
EAN : 9782234076204
Prix: 18.00 €