UN MAGAZINE CHIC,CHOC ET CHARME

Un magazine jamais vendu en kiosque,uniquement lu sur le net pour et par les écrivains et tous les artistes aimant l'art du bien vivre et qui veulent lire en musique.
Chic,choc et charme



mercredi 18 décembre 2013

LE NOEL DE NADJA BENDER ..une nouvelle de Décembre par Henri Delorme



Nadja Bender regardait défiler les vitrines de Noël de la 5 ème avenue à travers les glaces tintées de la limousine….elle ferma les yeux un instant, saoulée par les lumières,comme pour se téléporter dans son Danemark natal..
Top model célébrissime,elle sortait des studios de CNN d’où elle venait de narrer son histoire,ses mains joliment manucurées se crispaient sur son sac de luxe…..l’émotion l’envahit……
Une histoire romancée sur un fait réel...Des conte de fée ça existe et même sur Facebook.
Tout a commencé dans le Nord de l’Europe
Copenhague se remettait de la nuit triste qui suivit l’élimination en coupe d’Europe de football…Lille l’avait emporté….Niels avait bu des bières avec Jorgen.
Du haut de son mètre quatre vingt dix, il marchait dans la nuit nordique, embarrassé par ce grand corps dégingandé. Il était au chômage, depuis 7 mois, activité somme toute banale en Europe, à l’âge de 26 ans. Licencié des chantiers navals et trainant son ennui dans les rues froides et poisseuses de la ville, il errait comme une âme en peine. « Les usines fermaient les unes après les autres, et quand l'armée a décidé de déplacer sa flotte et ses arsenaux, 10 000 emplois avaient disparu »

Il s’apprêtait à prendre la ligne de métro qui le conduisait à Gammel Strand vers son immeuble sans charme ni classe, spacieux et propre….en fait comme lui. Sa silhouette longiligne se refléta dans la porte vitrée de l’immeuble et une fois de plus il regarda la boîte à lettres avec les noms qu’il connaissait par cœur.

Le couple Markus, les Petersen, et la belle Nadja ….la belle Nadja,cette voisine du dessus qui peuplait tous ses rêves. Chaque jour il guettait le claquement des stillettos sur la pierre soignée de la cage d’escalier. Elle était grande ,belle et élancée et elle, elle avait la classe, des livres sous le bras et une moue soupirante en disait long sur son statut d’étudiante au cursus interminable. La crise n’avait pas eu raison de l'abonnement internet de Niels qui pouvait ouvrir sa lucarne et soulager son infortune et sa solitude sur Facebook…..combien de fois était il allé sur le profil de Nadja..100,200 fois ?? il ne comptait plus mais chaque fois supplémentaire était un calvaire pour lui..

Tellement il avait peur de la claque qu’il n’osait pas le clic libérateur de la demande d’amitié, seule l’icône gauche du coin de l’écran lui adressait un sourire.

Enhardi par l’alcool, ce soir, Niels entreprit d’aller sur la page d’Andreas Pedersen, un camarade d’école qui lui avait eu la bonne idée de créer une agence de mannequins…il aimait aller sur cette page et chater avec lui, raconter des salades et partager des vannes.

Mais ce soir Niels n’avait pas envie de se rincer l’œil de ces superbes créatures, et de se rouler dans la déconnante....Nadja envahissait toutes ses pensées. Il envoya la photo de profil de Nadja en pièce jointe sur la MP d’Andréas..cette nana tu la bookes tu m’entends c’est une perle..je ne peux pas te donner ses mensurations, mais elle crève ma cage d’escalier mon cœur et mes yeux !!

Deux mois plus tard, Niels rentrait à Gammel Strand, avait toujours bu ses bières, son club de foot préféré perdait tous ses matches et lui ses pédales….il se jeta sur son Facebook et là il eut une surprise monumentale, l’icône demande d’ami s’alluma avec le chiffre 1….(.des mois sans que personne ne le réclame…..non ???? il y a une erreur et là il vit la photo de Nadja….son cœur battit la chamade à tout rompre.

Son index pour accepter était prêt mais il se sentait paralysé comme tétanisé …comment as t’elle pu savoir que je suis sur Facebook..idiot que je suis… comme moi avec la boite à lettres !!! Un autre point rouge sur la partie messagerie, il cliqua la fenêtre s’ouvrit: » Bonsoir Niels je suis Nadja et tient à vous remercier pour la chance inouïe que vous m’avez offerte, Andréas Pedersen m’a fait signer mon contrat ce matin, je m’envole dès lundi pour New York pour faire la couverture et le défilé de Stella Mac McCartney. Je viens de rater mes partiels à la fac (pour mes études de nanotechnologies) et là…..vous…… Merci, merci vous êtes ma providence »


Niels sentit monter en lui une onde de bonheur, tout à coup il eut envie de vivre, de renverser les montagnes……..trop bon…

De Rodarte à Stella Mac Cartney en passant par Altuzarra, la sculpturale danoise de 21 ans est la nouvelle venue de l’agence Nathalie. Au magazine Jalouse qui lui demandait dans les studios de CNN comment elle était devenue mannequin, elle répondit . :»Mon voisin du dessous a parlé de moi à un bookeur et ce dernier m’a contactée sur Facebook. Ainsi s’achève l’histoire à peine romancée de ce jeune mannequin que j’ai eu plaisir à imaginer et écrire à partir de cette interview. Toute ressemblance (à l’exception de Nadja) avec des personnes existant ou ayant existé est évidemment fortuite

Henri Delorme © Le Mag Chic/Facebook Décembre 2013.



dimanche 8 décembre 2013

IL EST TEMPS DE REGARDER LES REVES EN FACE.Aphorismes de Olivier Defouilloux



A coup sur l’auteur de l’opuscule a lu Giraudoux ,lequel prétendait que le droit est la plus puissante des écoles de l'imagination. Jamais poète n'a interprété la nature aussi librement qu'un juriste la réalité… la voilà!!! mon introduction !!!!et oui Olivier Defouilloux a navigué entre droit et poésie au point de nous livrer ses pensées quotidiennes.

Oui il est temps en ces temps agités de « déréaliser le réel pour se réaliser dans ses rêves » dixit l’auteur…puisons dans ce bréviaire la source de notre imaginaire … »nos rêves ont besoin de croire en nous ».
Difficile de parler d’un ouvrage d’aphorismes sans évoquer l’auteur,le genre nous l’impose..qui est il ?

Olivier a un vrai métier quand il pose la plume : il assure. Digne représentant d’une grande compagnie d’assurance, il aurait pu lentement prendre l’embonpoint qui sied à toute bourgeoise et libérale profession.

Mais il a décidé de se mettre en danger, de se dévoiler publiquement à travers des petites perles câlines ou assassines, jamais anodines.? Dénuder un tel ouvrage serait comme enlever la feuille de vigne du dieu grec……gardons cette part de mystère et de charme indicible pour dire au futur lecteur…courrez l’acheter pour l’amener chez vos amis…c’est de l’optimisme en livre comme il existe ces vins légers qui exaltent les conversations animées.

A lire d’une traite ??...non ..plutôt à picorer comme dans une boite de chocolats..chaque prélèvement étant d’un délice différent. Ainsi ..dixit l’auteur on apprendra que l’intelligence c’est d’oublier ses pensées ;le savoir vivre c’est réapprendre à s’oublier.
Belle formules pour rebondir sur les divers sujets, les hommes d’esprit sont trop rares pour qu’on les néglige !!!...le moi, la lune, les femmes, l’amour autant de gourmandises à fêter en cette période

J’ai aimé ce livre …vous allez l’aimer, l’acheter, c’est bien !!l’offrir c’est bien mais le lire c’est mieux….J’ai gardé quelques pages inexplorées …le talent c’est d’y croire (mon) talent c’est d’y croire ….page 78 du livre ...et bien moi je dirais que le talent c’est aussi de reconnaitre que les autres en ont et je vous redis qu’il est temps de regarder les rêves en face

Henri Delorme©Le MagChic .Décembre 2013

Editions Unlimit.Ed
120 Pages d’aphorismes
Prix 15€
Code ISBN 9 782953 388534

dimanche 1 décembre 2013

HAÏGA&HAÏSHA de Graziella Dupuy et Lise Robert



Malraux(auteur de cette phrase à l’insu de son plein gré) disait le XXI ème siècle sera spirituel ou ne sera pas…..Graziella et Lise réussissent de belles anamorphoses qui participent à cette syncrétique .... l’art de marier la poésie et la peinture..
Le titre de leur ouvrage mérite des explications qui proviennent d’elles mêmes, elles ne m’en voudront pas de les citer Né au Japon, le « haïku » est la forme poétique la plus concise au monde. 5, 7 et 5 syllabes (une seule ligne en japonais : 17 mores *) suffisent à sous-tendre la diversité des sensations éprouvées face à la réalité.

La pratique du « haïga » commence à apparaître à l’époque Edo (milieu du XVIIIème siècle) – cette forme artistique qui réunit encre, peinture et calligraphie est caractéristique de la culture japonaise.

Le « haïga » (image & haïku) poursuit jusque dans nos contrées son petit bonhomme de chemin…

La photographie va permettre de voler un peu de l’âme de Dame Nature. Finalement va naître un nouveau genre, le « haïsha » (photo & haïku)…

Le dessein principal du haïga et du haïsha est de saisir… l’insaisissable – soit une vision instantanée de la perception des “trois fois rien de la vie”, soit un moment éphémère au cœur d’une perception émotionnelle ancrée et/ou ressentie dans la réalité évoquée en un seul souffle…


Pour ma part je ne l’ai pas lu comme un roman mais comme une douce perfusion de bonheur que je me suis faite chaque jour,tenté de vous en délivrer la quintescence chaque jour…mais je ne voulais pas courir le risque de dévoiler un aussi joli parfum de spiritualité. Ce livre délivre ses effluves en français et en anglais… extrait de la page 70 ..dans ma tête remettre en ordre le désordre….in my head reorder the disoder..

Comme un moment de vie poétique découpé en tranches….comme un cadeau qui reflètera à la fois le raffinement de celui qui donne et de celui qui reçoit…un partage ..une offrande à quatre mains
Graziella Dupuy (Auvergne, France) &Lise Robert (Saint-Denis-sur-Richelieu, Québec)se sont unies dans un agréable partage pour nous offrir qui ses « haïgas » (Graziella), qui ses « haïshas » (Lise).

Un livre frais comme un bonbon pyrénéen !

*NDLR : More : Unité phonologique de durée ou de poids d’une syllabe dans certaines langues, typiquement une voyelle courte ayant une more et une voyelle longue deux mores.

The book édition
29 euros TTC ISBN978-2-9546043-0-5

Henri Delorme ©Le MagChic Novembre 2013