UN MAGAZINE CHIC,CHOC ET CHARME

Un magazine jamais vendu en kiosque,uniquement lu sur le net pour et par les écrivains et tous les artistes aimant l'art du bien vivre et qui veulent lire en musique.
Chic,choc et charme



mardi 29 octobre 2013

UNE SAINTE de Emilie de Turckheim



Emilie au parloir !!!!!

Mon dieu après avoir lu ce livre je suis prisonnier du charme de ce livre…ça tombe bien l’auteur puise dans expérience de visiteuse de prison pour nous immerger dans un monde monosyllabique où le matricule l’emporte sur le nom. Audiard disait heureux sont les fêlés car, au moins, ils laissent passer la lumière…dans une Sainte l’auréole de l’héroïne, Marie éclaire nos bonnes consciences et jette sa lumière crue sur un monde hors norme.

Pour aimer les histoires, il faut y croire surtout à celle que raconte Emilie…on ne peut pas ne pas y croire…elle mène son sujet à un train d’enfer et il est recommandé de s’accrocher car les mots se bousculent, virevoltent…..
Atmosphère surréaliste décrite dans ce livre qu’il ne faut pas lâcher une seconde au risque de décrocher…un robinet à mots ouvert en permanence sur un personnage troublant et irrésistible
« Très tôt, elle sut qu’elle serait sainte.
Les blouses s’enfilent bras levés, tombent rêches sur les mollets, privent les corps des caresses de l’air. Le premier jour de classe, le tissu sent le neuf et le neuf va, bleu marine, dans les liquides, salive, sang, déverser la discipline. Les prénoms et les noms sont brodés au fil blanc à l’endroit du sein gauche. Chaque élève a brodé son propre nom. Les bonnes brodeuses et les mauvaises brodeuses. Il est cloué au-dessus du tableau noir. L’héroïne Le regarde droit dans les plaies. »
Elle ne sait pas par quels miracles et bienfaits elle doit passer pour être canonisée mais elle a jeté son dévolu sur Dimitri, un jeune prisonnier, qu’elle visite chaque semaine dans un parloir grand comme un placard. Ce prisonnier, criminel dévoré par le remords face à une longue peine à purger. Mais voilà l’heure de la sortie a sonné et si pour Dimitri, c’est l’espoir, il en est autrement pour l’héroïne. Qui va-t-elle consoler ??? Le bonheur est dans le parloir.Dimitri doit y retourner. L’enfer serait il pavé de bonnes intentions ?? Cette fable louftingue m’interpelle sur la bonne volonté et cet altruisme égoïste... dirais-je en mode oxymore...ce qui donne envie de se laisser pousser des ailes d’ange gardien….dans une sarabande hallucinante et hallucinée cruelle et drôle à la fois.très belle réflexion sur le don et la grâce. « Comme il est difficile de sauver un homme, pense-t-elle au sortir de son rêve »

Une belle surprise de la rentrée littéraire que nous a réservé Emilie, qui devrait être, sauf erreur de ma part, à la Foire du livre de Brive, où ses lecteurs pourront lui dire en face …ainsi soit elle !!

Henri Delorme©Le MagChic Octobre 2013

Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France
Prix : 18.50 €
Date de sortie : 22/08/201 ISBN 978-2-35087-233-9

dimanche 27 octobre 2013

INNOCENCE COUPABLE de Matti King




A travers l’oxymore du titre on est loin d’imaginer la somme des souffrances que le monde adulte peut infliger aux enfants
Une petite fille de cinq abusée par son beau père, voit le temps s’arrêter brutalement suite à cet inceste. Elle entreprend en se dédoublant de converser avec son autre pour exorciser ce passé douloureux.
Le récit d’une femme qui vit trente ans comme si son enfance n’avait pas existé nous fait découvrir avec effroi un cocktail d’innocence et de perversion….pour aboutir à cet éveil de conscience de l’adulte qui étouffe pour mieux l’anesthésier sa mémoire douloureuse marquée par la peur et la culpabilité.
Le livre écrit sous forme de roman témoignage démarre sur ce triste constat, déjà recensé dans bien des affaires qui hantent les prétoires des cours d’assises.
Tanine « l adulte » décide d’accompagner Carla « la petite fille intérieure » pour l’aider à débusquer l’inavouable et entreprendre un long chemin de reconstruction.
Ce qui est intéressant pour ne pas dire étonnant dans l’ouvrage de Matti, c’est la démarche entreprise pour se guérir et découvrir le monde pulsionnel des adultes.
L’auteur n’a pas hésité à entreprendre un long voyage initiatique au cœur de la jungle des pulsions humaines et surtout masculines
Ce livre nous entraine dans un labyrinthe des pratiques sexuelles en partant de l’enfance pour aller vers l’âge adulte.
Entre séances psy et partage de pratiques interdites, l’héroïne du roman est bouleversante dans sa volonté farouche de survivre et d’assumer une sexualité revendiquée comme un droit des femmes à vivre normalement
Peut on vivre normalement quand on a été violé en tant qu’enfant ?? Au-delà des querelles sémantiques et des arguties de prétoire, c’est le premier récit qui démonte le ressort de cette période post traumatique.
Si beaucoup d’âmes bien intentionnées ont pu s’émouvoir à juste titre sur la cruauté du viol ..peu ont pris soin d’évaluer les dégâts postérieurs aux faits…..le pire hélas est à venir..
Une réponse à de nombreuses névroses sexuelles qui ,dans le livre, sont décrites avec tact et délicatesse comme pour mieux aider ces êtres un peu perdus.
Dans ce livre Tanine la résiliente est une femme à la recherche de son identité sexuelle et même si les chemins empruntés vous paraissent chaotiques, il faut se saisir de cette occasion pour comprendre comment et pourquoi des vies d’enfants sont fracassées bien au-delà de leur période d’innocence et se dire qu’ils ne doivent pas se sentir coupable
Lire un extrait : http://www.edilivre.com/frontwidget/preview/viewer/id/507975/

Henri Delorme©Le MagChic
Editions EditLivres
ISBN Papier : 978-332-2-58174-7
ISBN Pdf : 978-332-2-58175-4
Juillet 2013
Pour le commander : http://www.edilivre.com/librairie/innocence-coupable-matti-king-alias-sarah-siritzky.html

L’auteure : Matti King

Matti King,alias Sarah Siritzky, est à moitié française, à moitié américaine. Elle a pratiqué très longtemps la danse africaine, la danse jazz avec Molly Molloy et le hip-hop.
Elle enseigne actuellement la danse instinctive, alliant un travail préalable de détente et de respiration à une faculté de se relâcher et de s’abandonner aux rythmes. Elle œuvre à la facilitation de l’expression de la sensualité, à l’émergence du langage corporel spontané qui a pu être bloqué à certain moment de la vie. Elle pratique les arts martiaux dont la boxe.
Matti King a été comédienne. Elle sait que ce travail lui a été très utile pour l’émergence de ses personnages, plus largement pour la réalisation de son écriture.
Matti King a publié son premier roman en 1999 aux éditions Dervy.

Son site internet :http://matti-king.fr





jeudi 24 octobre 2013

LONDRES PAR HASARD de Eva Rice




Par un pur hasard on se trouve dans Londres …dans une Angleterre, Eva Rice brosse une galerie de personnages so british mais tellement attachants. Les jeunes tentent de se débattre entre la tradition britannique incarnée par le thé, par ces menus qui nous paraissent, à nous Français, insipides, et par ces grandes demeures perdues dans la campagne et où le vent se faufile par les fenêtres à changer….. e cette modernité incarnée essentiellement par la culture américaine..comme dirait Olivia de Lamberterie ( journaliste et critique littéraire française, au magazine Elle ) …. »à mi chemin entre Jane Austen et Sex and the city.. »

Tout se joue dans la grande maison délabrée de Trellanack et le livre commence lentement dans les années 1950, brossant un tableau plein de l’ensorcelante sœur aînée de Tara, Lucy de Tara, leur mère disparue prématurément, leur père vicaire strict mais aimante et une foule de frères et soeurs se disputent comme des chiffonniers.

Tara, adolescente un peu rebelle dont l'enfance a été assombrie par la mort tragique de sa mere, vit avec père vicaire et ses sept frères et soeurs dans un presbytère de Cornouailles. Quand, lors d'un mariage, elle est remarquée par un producteur de disques pour sa belle voix, sa vie tranquille de jeune provinciale va basculer
Le rythme s'accélère lorsque Tara débarque à Londres. Il est bien agréable de revivre cette cette période avec le regard des sixties Tara, la diablement belle Lucy et leur fragile aristocratique ami Matilda, dont le vol pour Londres, après une bagarre avec Lucy est le catalyseur qui change toute leur vie.

. Bientôt, accompagnée de sa soeur Lucy - ravissante jeune femme qui brise tous les coeurs mais qui ne rêve que de vieilles pierres -, elle partira pour Londres où elle enregistrera un disque et connaîtra le succès artistique, en même temps que ses premiers amours avec un photographe de mode. Les deux filles seront plongées dans le bouillonnement culturel du Londres des
Les nostalgiques de Carnaby Street apprécieront ce roman vintage ››, où les éléments de fiction et de la réalité se croisent et s'entremêlent, l'auteur dresse un tableau saisissant et nostalgique de cette époque, nous immergeant dans l'ambiance survoltée qui accompagnait les débuts des Beatles et des Stones, quand Londres était la capitale de la musique et de la mode. Une foule de personnages singuliers ,certes stéréotypés mais si attachants se dresse autour de Tara et de sa soeur, et les intrigues et imbroglios amoureux et familiaux se multiplient. Tara va triompher de bien de mésaventures dans ce roman initiatique plein d'espièglerie et d'humour, teintée de cette petite musique très personnelle qui donne tout son charme aux romans - so British - d'Eva Rice..


Auteur:
Eva Rice, auteur d'un essai et de trois autres romans, dont un publié en France, est née et évolue dans une famille de musiciens. Fille du parolier Tim Rice, auteur de spectacles planétaires comme Le Roi lion, Evita ou Jésus Christ Superstar, elle est aussi la femme de Pete Hobbs, du groupe anglais The Boy Least Likely To, et a elle-même chanté pendant plusieurs années. Tout récemment, elle a fait un album sous le pseudonyme Amanda Applewood. Rien de plus logique alors que ces deux romans au parfum retro se passent dans les milieux de la musique. Dans Londres par hasard, on trouve, dix ans plus tard, certains des personnages du précédnt livre d'Eva Rice

Henri Delorme© Le MagChic Octobre 2013

Editeur: Editions Bakerstreet
Nbres de pages: 490 pages
Prix: 22,00 euros
ISBN :978-2-917559-29-1

dimanche 13 octobre 2013

ECLATS DE VOIX de Yves Hugues




Le MagChic pense à ses amis lecteurs de polars..s’il est un qui lui a tapé dans l’œil c’est celui de Yves Hugues…un peu comme dans un film de Verneuil en imaginant le lire avec la musique du film Peur sur la ville….
Panique à la Maison de la radio ! Rosalie Douvet, l'animatrice vedette d'une émission de nuit, est retrouvée assassinée dans les couloirs de France Inter, étranglée avec un tel soin qu’on se demande comment l’assasin a pu procéder ainsi, avec le minimum de contact.

Le lecteur rentre dans une ambiance particulière comme celle du paquebot vide du quai Kennedy Pour monter jusqu'au troisième étage et atteindre le studio 334, les ascenseurs offrent la méthode la plus simple.
Trois cabines, portes automatiques en alu brossé, quasi désertes entre minuit et 5 heures du matin, les heures creuses du camembert, quand les vigiles sont partis en bouclant derrière eux.
Les escaliers sont plus discrets encore.
Les bruits de la ville n'arrivent pas jusqu'ici. Les bureaux sont vides, la plupart plongés dans l'obscurité. Tout baigne dans la luminosité spectrale des veilleuses le long du couloir. On avance en se repérant aux numéros sur les portes. Si on se trompe, il n'est pas rare qu'on se tape un tour complet du camembert.
Exercice courant chez les nouveaux venus. À force de déambuler dans ces couloirs circulaires on perd ses repères. On tourne. On marche. On tourne. Certains visiteurs décrivent plusieurs circonférences avant d'atterrir dans le bon bureau.

En attendant Rosalie Douvet est morte….
. Emoi parmi les fans de la jeune femme. Qui pouvait bien en vouloir à Rosalie ? Auditeur désaxé, collègue jalouse, admirateur éconduit, paparazzi rancunier ? La liste est longue...

En charge de l'affaire : Yann Gray, capitaine à la PJ. Signes particuliers : une balle logée dans la tête à l'origine d'hallucinations olfactives, quelques tocs et un passé familial douloureux...
De quoi se jeter à corps perdu dans l'enquête, du labyrinthe de la Maison de Radio France aux chambres de l'hôpital Sainte-Anne, en passant par les rédactions des journaux à scandales.

Un irrésistible roman noir parisien qui nous plonge dans des ambiances à la Simenon avec un mélange de drôlerie et de noirceur.
Une enquête au rythme des voix.
Dont une aura le dernier mot...
Un bon flic, un drôle de meurtre et une belle énigme..alors ??? que demander de plus
Cet article est dédié à ma libraire préférée , une passeuse de livres..Lydie Zannini, avec toute ma gratitude et mes compliments pour m’avoir dirigé vers une lecture inhabituelle.

Henri Delorme©Le MagChic Octobre 2013

Collection : LES ESCALES NOIRES
EAN commerce : 9782365690508
Editeur (Livre) : Editions Les Escales
Date sortie / parution : 07/02/2013
Nombre de pages :347
Prix :20 €

vendredi 11 octobre 2013

MADEMOISELLE dite COCO de Madeleine Mansiet-Berthaud


On va me dire …encore !!!Un livre sur Coco Chanel….tout a été dit sur elle….toutes les facettes du personnage auraient elle été explorées du berceau à la tombe ???...couturière, femme d’affaires et mécène. Coco Chanel a vécu une vie de roman et Madeleine Mansiet-Berthaud a ouvert une fenêtre de tir assez originale en ciblant la femme avec un grand F. Faire revivre cette grande dame dans la ligne spatio temporelle la plus riche de l’histoire de la haute couture relevait du défi !!…l’auteur a su se sortir du piège en se cantonnant à l’entre deux guerres.
Un livre qui nous embarque dans UNE VIE pas ordinaire du tout.

Gabrielle Bonheur Chasnel est devenue la grande prêtresse de la mode et n’a plus rien à prouver. Chacune de ses créations déclenche tout à la fois scandale et engouement. Dans le livre on assiste à la naissance et la trouvaille de Chanel n°5 et ses réparties envers ses clientes furent dignes d’être citées dans les écoles

Mais celle qu’on surnomme Coco n’en demeure pas moins femme et ne peut se consoler de la perte tragique de son amant. En cette époque de bouillonnement intellectuel, elle retrouvera à force de talent le goût de la vie pour s’imposer comme l’une des grandes figures intellectuelles du XXème siècle Ses amours tumultueuses et ses amitiés chaotiques travers sa vie en conflit avec la création

Une vie amoureuse et affective dense de Milsia à José Maria Sert en passant par Diaghilev, Serge Lifar, Stravinsky, Picasso, Jean Cocteau, Winston Churchill et tutti quanti…Ses liaisons amoureuses successives avec Etienne Balsan roi du textile, Arthur Capel, l’anglais à la fois riche et beau, le cousin du tsar de Russie, Dimitri Pavlovitch et last but not least le duc de Westminster non moins riche que les précédents. Paul Iribe le décorateur des « Dix commandements » allait s’unir à Coco, sa disparition prématurée avorta le projet.
Si vous passez rue Cambon vous ne pourrez pas ne pas être hanté(e)s par le fantôme de Gabrielle.Coco Chanel si bien rescuscitée par l’auteur…un livre à découvrir, parcourir, offrir comme une fleur venue d’ailleurs…un vent d’émancipation…un bréviaire de femme libérée.

La détermination d'une femme à sortir de sa condition et à gagner son indépendance financière tout en menant sa vie amoureuse dans une totale liberté

Interrogée sur le partage de sa passion , Madeleine (dans une inrerview à 20 mn) va droit au but"Ma tendresse pour la petite Gabrielle que son père déposa au couvent d'Aubazine, lui promettant de revenir la chercher, ce qu'elle a espéré, en vain. Mon admiration pour sa faculté d'adaptation à toutes les situations, à se construire sur cette souffrance pour devenir la célébrissime Chanel ! Enfin, mon intérêt pour la complexité du personnage". C’est le ressenti à ma lecture de ce livre qui va circuler de mains en mains !

Henri Delorme ©Le MagChic Octobre 2013
Editions de Borée
380 pages
Prix 21,90€
Code ISBN 978-2-8129-0841-5

mercredi 9 octobre 2013

LE CAS EDUARD EINSTEIN DE LAURENT SEKSIK



Le jour de la remise du prix Nobel de physique..se pencher sur le cas du fils Einstein vaut bien un E=MC²…. avec cette part de hasard qui nous immisce dans des vies secrètes comme l’excellent livre de Laurent Seksik.

Voilà un ouvrage atypique à la confluence du roman et de la biographie qui nous immerge dans les méandres d’un cerveau celui du fils d’Albert Einstein…et oui Albert avait deux fils dont l’un ,le cadet Eduard était interné pour troubles psychiques. Sur fond de montée du nazisme en Allemagne, le livre explique l’exil à Princeton aux USA et démonte la mécanique infernale de l’hypocrisie des Etats..les USA qui demandaient des certificats de non aliénation mentale aux autorités nazies et la Suisse qui se refusait à savoir d’où venait l’or des spoliations des Allemands.

Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution», écrivait il en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à l'asile où il va séjourner dans une chambre pendant plus de trente ans. Ainsi peut on observer, l’intérieur de la folie…Eduard se raconte, entre crises de schizophrénie, séjours à l'asile et traitements de choc, avec une intelligence rare et une étonnante lucidité.. Extrait du livre « "Lorsque j'ouvre les yeux, les objets se déplacent, prennent de drôles de formes. Plus rien n'est solide, rien ne possède d'angle. Des visages grimaçants se fondent sur le mur. On frappe à la porte, et quand j'ouvre: personne(...)La semaine dernière j'ai vu un chat pénétrer dans ma chambre affirmer que j'étais beau. Maman m'a certifié le contraire".

L’auteur port un regard extérieur avec un génie géniteur et ses grandeurs et petitesses tout en déroulant toute l’histoire de l’Europe tourmentée par la seconde guerre mondiale….. Un livre émouvant qui va laisser des traces et nous interroger sur des théories à la fois simples et compliquée. Dans ce voyage au cœur de la folie,on découvre à travers son fils,un Albert Einstein assez complexe et assez pertinent sur l’approche du capitalisme..un talent de visionnaire ,assez iconoclaste qui lui valut les foudres du maccarthysme… et aussi un Albert Einstein assez démuni dans son rôle de père.. Son fils finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement. Trois destins s'entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l'intime où résonnent la douleur d'une mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.
Un livre qui nous révèle les faiblesses des grands hommes comme celles d’ Albert Einstein.

Henri Delorme© Le MagChic Octobre 2013
Auteur(s):Seksik, LaurentEditions Flammarion
Thème:Littérature française
Collection:Littérature française
Parution: 21/08/2013
Format: 13.6x21x2 cm
Prix: 19,00 €
EAN: 9782081248571

LE RIRE DU GRAND BLESSE DE CECILE COULON



Des chiffres et des êtres!!!! 1075 pour donner à un roman ses lettres de noblesse…….j’avoue que depuis Starmania avec Monopolis je ne m’étais plus jamais plongé dans un monde imaginaire…à la foi si futuriste et si contemporain…. J’ai découvert que le livre était au-delà d’un média et d’un produit économique une arme redoutable qui pourrait être utilisé pour l’asservissement… L’écrivaine prend le risque de décrire une société anonyme,sans visage,sans nom comme dans ces villes de l’an 2000 si je me refère à Starmania..........

Dans un pays sans nom dirigé par Le Grand, dans lequel les « Manifestations À Haut Risque » – lectures publiques hebdomadaires et payantes ayant lieu dans les stades – sont la garantie de l’ordre social. En retirant son caractère privé à la lecture, les élus ont transformé un certain type de livres en outil de parfaite manipulation. Exercer la tyrannie par « l’aculturation » des masses en interdisant à tout prix la lecture,tel est l’objectif de ce Grand…et en n’offrant que ce choix cruellement binaire…le divertissement ou l’ignorance. On rentre dans un monde étrange dans lequel les sujets seraient asservis à une société où le divertissement l’emporterait sur la lecture.

Dans l’arène, des Liseurs « surjouent » des histoires préécrites – et destinées à rester inédites – devant un public captif, haletant, qui absorbe ce qu’il croit ne jamais pouvoir posséder.

Et le spectacle commence dans les rangées des consommateurs : dûment encadrées par les Gardes, les passions et les émotions, la rage et le désespoir, l’hystérie collective ont droit de cité pendant une heure, le temps, pour chaque citoyen, d’atteindre un semblant d’assouvissement. Jusqu’à la prochaine Manifestation. Imaginez un monde dans lequel la lecture devient hors la loi !!! Extrait :
" Cinq uniformes, un chauffeur, une femme de ménage, un cuisinier, sept caméras fixées au plafond, cinquante heures de présence au bureau, une Manifestation à Haut Risque par semaine, mille quatre-vingt-quinze jours de formation, un coude fracturé, trois côtes cassées, une mâchoire refaite à neuf, un certain nombre de zéros sur les feuilles de salaire, soixante-dix millions de personnes à surveiller, deux oreillettes, trois hectares de parc arboré, soixante kilomètres de courses à pied hebdomadaires, cinquante pouces"

C'est dans ce contexte particulier qu’intervient un héros étrange sans nom …chiffré …1075, né dans les campagnes abandonnées en périphérie de la ville, ... lui,il est parfaitement analphabète. Ce sera l’homme lige d’un système qui veut conserver le pouvoir face à des gens incultes plus faciles à manipuler que les intellos de service.

Pour exister, la Société ne lui propose que cette issue : intégrer l’élite des Gardes au service du système. Formés dans des conditions extrêmes, ces jeunes gens ont pour unique et simple règle de ne jamais apprendre à lire. 1075 dans tout son zèle est ce qui ce qui fait de mieux pour devenir le meilleur des Agents.

Sa vie bascule, pourtant, le jour où, mordu par un molosse, il découvre qu’un animal féroce est bien plus efficace et rentable qu’un Garde…ce sera lui le Grand blessé..

. À l’hôpital, où il s’ennuie, il s’en veut de ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche, à la hauteur de ce que l’on attendait de lui. Jusqu’à ce qu’un hasard facétieux lui permette d’assister à la curieuse leçon d’alphabet qu’une jeune femme donne à l’étage où sont parqués les enfants. L’hôpital va désormais modifier tout son regard sur le monde qui l’environne et qui finalement va le piéger

On se repaît de cette fable grinçante, jubilatoire et déstabilisante, qui tape à bras raccourcis sur une société qui muselle la conscience par le divertissement et désigne l’imagination comme l’ennemi public n°1. Bien lucide ce regard posé par l’écrivaine qui met sa plume au service de cette lecture….avec une maturité exceptionnelle pour cette jeune femme de 23 ans.

Le Rire du grand blessé est un hommage vibrant rendu à la pensée et à l’imaginaire qui ouvrent à la littérature, quelles que soient les dénominations dans lesquelles on l’enferme : française, étrangère, classique, moderne, contemporaine, d’anticipation… Kundera voulait supprimer les certitudes par le roman,….Cécile a fait croitre mes doutes mais éclaire aussi le chemin de notre conscience collective pour foutre par terre nos bas instincts grégaires. Je dédierais ce livre à notre Ministre de la culture si un jour elle venait à douter des bienfaits de la culture et des méfaits d’une culture organisée On ne peut pas ne pas le lire et je regrette une seule chose c’est que celui-ci ne soit pas sur la liste du Goncourt….mais avec un tel talent Cécile est dans la salle d’attente..prête un jour à y rentrer
Henri Delorme©Le MagChic Octobre 2013

Broché: 136 pages
Editeur : VIVIANE HAMY (22 août 2013)
ISBN-10: 2878585844
ISBN-13: 978-2878585841