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Chic,choc et charme



mercredi 6 novembre 2013

QUAI D'ORSAY DE BERTRAND TAVERNIER



Alexandre Taillard de Worms est grand, magnifique, un homme plein de panache qui plait aux femmes et est accessoirement ministre des Affaires Étrangères du pays des Lumières : la France. C’est Thierry Lhermitte enfin à contre emploi de son jeu habituel , dans la plénitude de sa maturité.
Doit on penser à Dominique de Villepin dont je serais curieux de voir la réaction en sortie de projection ???..Tout est fait..l’homme,l’esprit,le scénario qui soutend au discours de l’ONU… la crinière argentée posée sur son corps d’athlète légèrement halé est partout, de la tribune des Nations Unies à New-York jusque dans la poudrière de l’Oubanga.

Là, il y apostrophe les puissants et invoque les plus grands esprits afin de ramener la paix, calmer les nerveux de la gâchette et justifier son aura de futur prix Nobel de la paix cosmique. Alexandre Taillard de Vorms est un esprit puissant, guerroyant avec l’appui de la Sainte Trinité des concepts diplomatiques : légitimité, lucidité et efficacité.Tchac,tchac,tchac,du rythme à grand coups de stabilos sur les livres et les pensées d’Héraclite qui émaillent ses discours .

Il y pourfend les néoconservateurs américains, les russes corrompus et les chinois cupides. Le monde a beau ne pas mériter la grandeur d’âme de la France, son art se sent à l’étroit enfermé dans l’hexagone. Le jeune Arthur Vlaminck, jeune diplômé de l’ENA, est embauché en tant que chargé du “langage” au ministère des Affaires Étrangères. En clair, il doit écrire les discours du ministre !

C’est Raphaël Personnaz ,en délicatesse et en finesse …notre Hugh Grant français avec son air constamment étonné de ce qui lui arrive. Mais encore faut-il apprendre à composer avec la susceptibilité et l’entourage du prince, se faire une place entre le directeur de cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d’Orsay où le stress, l’ambition et les coups fourrés ne sont pas rares..
Il croise un conseiller redoutable mais bienveillant incarné par l’excellent Niels Arestrup, qui ressemble au gros chat qui dort (gros chat qui existe dans le film ..véritable transmission domaniale de l’Etat.

Alors qu’il entrevoit le destin du monde, il est menacé par l’inertie des technocrates et tout ce joli monde s’agite dans une satire grinçante des ors de ce ministère. Ce ministère qui n’a de prestige que le nom au sein duquel les crédits en trompe l’œil réduisent les collaborateurs à vivre dans des soupentes et à manger des sandwich club .Un régal avec les personnages « secondaires « tout en nuances avec l’immense plaisir de revoir mon amie Julie Gayet, séduisante en diable, collaboratrice redoutable, terriblement féminine .

Un long chemin pour arriver à ce bijou de discours de l’ONU au cours duquel la France s’est honorée en disant non aux Etats Unis d’Amérique…belle oeuvre de fiction qui ne nous dira jamais si le vrai discours dut enfanté dans une telle souffrance ……ne boudons pas notre plaisir.
Je citerai Héraclite que Bertrand Tavernier a convoqué avec des passages de ses Fragments....une phrase qui n'est pas dans le film......
« Avoir l'esprit clair : la plus haute vertu. Et l'art de vivre : dire vrai et faire d'après nature, en connaisseur. » C'est la vertu de ce film de nous éclairer sur les pensées les plus complexes du monde de maintenant...
Henri Delorme©Le MagChic Novembre 2013

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