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Chic,choc et charme



samedi 1 juin 2013

LE MAGCHIC RELAIE LA LETTRE DES LIBRAIRES



La presse de ces dernières semaines est riche d’actualités concernant le secteur du livre : annonces ministérielles pendant le Salon du Livre, géants du secteur ébranlés, polémiques fiscales sur les opérateurs de vente en ligne, et plus globalement nombreuses interrogations dans les médias sur l’avenir du livre, de la librairie, et de la librairie indépendante en particulier avec ses 13000 salariés répartis dans quelque 3000 librairies dans tout le pays.
Le moment nous semble donc particulièrement propice pour nous interroger sur l’organisation de cette filière dont la librairie indépendante est le cœur.
Les difficultés rencontrées par les librairies indépendantes et leurs causes sont pourtant connues :
- faiblesse des marges brutes bien inférieure en moyenne à celle de nos principaux concurrents (vente en ligne, grandes surfaces et chaînes spécialisées), et souvent bien inférieure aux autres commerces,
- concurrence déloyale constituée par la violation de l’esprit de la loi Lang et l’optimisation fiscale de grands acteurs du secteur comme Amazon.
-
C’est à ces causes qu’il faut apporter des solutions. Nous proposons donc que l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre s’emparent, enfin, de ces problématiques avec les pouvoirs publics pour y apporter des solutions rapidement car l’urgence de la situation l’exige.

Proposition n°1 : passage à un taux de remise unique de 40 %, niveau de remise acceptable pour l’ensemble des libraires indépendants qui permettrait de compléter les principes de la loi Lang par le prix unique du livre à l’achat. Afin de rajouter un peu de cohérence entre actes et discours, il semblerait également opportun que des critères d’appartenance à la filière du livre (code NAF par exemple) permettent de différencier les vendeurs de livres des lieux où on vend des livres.
Devant l’effondrement des grandes surfaces culturelles spécialisées, les librairies indépendantes restent le seul réseau permettant la découverte de nouveaux auteurs, le lancement de titres ou de collections… Il serait normal qu’il bénéficie de la part des éditeurs et distributeurs d’un traitement égal à celui des autres filières de vente, et il en va de notre intérêt commun de favoriser la diversité des acteurs plutôt que de favoriser la création de quasi monopoles ou cartels d’achat. Cette mise à niveau du taux de remise répondrait de manière pérenne aux difficultés du réseau.
Cette même proposition du prix unique pourrait être étendue aux livres scolaires, tant qu’il y en a, secteur duquel les librairies ont été exclues au profit de marchands de livres et de papeteries. Cela permettrait à l’État et aux collectivités locales de favoriser les liens entre établissements d’enseignement et les libraires, acteurs culturels locaux.



Proposition n°2 : suppression de la remise spéciale faite aux collectivités.
Ce n’est pas aux libraires de permettre l’enrichissement des fonds publics ou associatifs des bibliothèques, il s’agit bien d’une compétence de la puissance publique (État et collectivités locales). Ainsi, la suppression de la remise de 9 % remettrait immédiatement 1 à 2 points de marge dans l’économie de beaucoup de librairies. La remise serait alors limitée à 5 %.

Proposition n°3 : mise en place d’un environnement économique favorable aux librairies.
À l’heure du « redressement productif », de la « relocalisation économique », du « consommer local », de la « lutte contre l’évasion et la fraude fiscale », une réflexion doit s’engager sur l’application des règles communautaires concernant le code des marchés publics. Dans un domaine où la collectivité n’a pas d’avantage financier à attendre (grâce à la loi sur le prix unique du livre), les critères retenus doivent être des critères de qualité professionnelle : labels (librairie de référence ou label LIR), proximité et facilité pour les bibliothécaires de consulter les livres, bilan écologique de la livraison finale, création de lien social et d’activité culturelle locale pour les structures concernées…
Il faut revenir à une application de l’esprit de la loi Lang concernant le port offert sur l’achat en ligne de livres. La situation actuelle crée une distorsion de concurrence visant à éliminer l’apparition de toute concurrence sur le Net, par l’impossibilité économique pour les librairies de suivre ce pari imposé, à perte, par un acteur aux pratiques fiscales et sociales discutables.
Il faut enfin considérer qu’au même titre que la presse la diversité éditoriale contribue à la liberté d’opinion et d’expression : application du taux super réduit déjà applicable à la presse.

L’ensemble de ces mesures (exceptée la dernière concernant le taux de TVA) est à coût nul pour les finances publiques, et à coût très faible pour les éditeurs ou distributeurs (une vingtaine de millions d’euros sur 4,2 milliards, estimation réalisée sur la base des chiffres de 2011 du marché du livre, et de la répartition entre les différents réseaux de vente).

La loi Lang avait permis le maintien de l’existence d’un réseau de librairies face au danger de la concentration, en permettant sur tout le territoire l’accès à une offre éditoriale diversifiée et de qualité.
Le nouvel acte auquel nous appelons doit nous permettre de répondre à un nouveau défi : celui de la déshumanisation des rapports sociaux. Il doit simplement répondre à la question de la volonté, ou non, de privilégier l’existence de lieux de vente physiques favorisant le lien social et le vivre-ensemble .
Libraires et éditeurs y ont un intérêt commun. Plus globalement nous pensons que la société y a intérêt.


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